95%, Georges Brassens

95%, Georges Brassens
Ah, les vieux délires sur cette chanson... Allez, les filles : qu'en pensez-vous ?

La femme qui possède tout en elle
Pour donner le goût des fêtes charnelles
La femme qui suscite en nous tant de passion brutale
La femme est avant tout sentimentale
Mais dans la main les longues promenades
Les fleurs, les billets doux, les sérénades
Les crimes, les folies que pour ses beaux yeux l'on commet
La transporte, mais...

{Refrain:}
Quatre-vingt-quinze fois sur cent
La femme s'emmerde en baisant
Qu'elle le taise ou qu'elle le confesse
C'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses
Les pauvres bougres convaincus
Du contraire sont des cocus
A l'heure de l'½uvre de chair
Elle est souvent triste, peu chère
S'il n'entend le c½ur qui bat
Le corps non plus ne bronche pas

Sauf quand elle aime un homme avec tendresse
Toujours sensible alors à ses caresses
Toujours bien disposée, toujours encline à s'émouvoir
Ell' s'emmerd' sans s'en apercevoir
Ou quand elle a des besoins tyranniques
Qu'elle souffre de nymphomanie chronique
C'est ell' qui fait alors passer à ses adorateurs
De fichus quarts d'heure

{au Refrain}

Les "encore", les "c'est bon", les "continue"
Qu'ell' crie pour simuler qu'ell' monte aux nues
C'est pure charité, les soupirs des anges ne sont
En général que de pieux menson(ges)
C'est à seule fin que son partenaire
Se croie un amant extraordinaire
Que le coq imbécile et prétentieux perché dessus
Ne soit pas déçu

{au Refrain}

J'entends aller de bon train les commentaires
De ceux qui font des châteaux à Cythère
"C'est parce que tu n'es qu'un malhabile, un maladroit
Qu'elle conserve toujours son sang-froid"
Peut-être, mais les assauts vous pèsent
De ces petits m'as-tu-vu-quand-je-baise
Mesdam's, en vous laissant manger le plaisir sur le dos
Chantez in petto...

{au Refrain}

# Posté le vendredi 06 janvier 2006 17:39

La prière, Georges Brassens

La prière, Georges Brassens
J'en ai parlé dans l'article sur les chansons... Je connais la version de Saez, elle est magnifique. Je vous la conseille, elle donne des frissons. La première fois, je tremblais et je sentais presque mes larmes couler, en l'entendant !

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.

Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie.

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S'écrie: " Mon Dieu ! " par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne
Je vous salue, Marie.

Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie.

Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée
Par le baiser perdu par l'amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
Je vous salue, Marie.
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# Posté le vendredi 06 janvier 2006 17:37

Le parapluie, Georges Brassens

Le parapluie, Georges Brassens
Voici ma chanson d'amour préférée...

Il pleuvait fort sur la grand-route
Ell' cheminait sans parapluie
J'en avais un, volé, sans doute
Le matin même à un ami
Courant alors à sa rescousse
Je lui propose un peu d'abri
En séchant l'eau de sa frimousse
D'un air très doux, ell' m'a dit " oui "

Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au chang', pardi

Chemin faisant, que ce fut tendre
D'ouïr à deux le chant joli
Que l'eau du ciel faisait entendre
Sur le toit de mon parapluie
J'aurais voulu, comme au déluge
Voir sans arrêt tomber la pluie
Pour la garder, sous mon refuge
Quarante jours, quarante nuits

Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au chang', pardi

Mais bêtement, même en orage
Les routes vont vers des pays
Bientôt le sien fit un barrage
A l'horizon de ma folie
Il a fallu qu'elle me quitte
Après m'avoir dit grand merci
Et je l'ai vue toute petite
Partir gaiement vers mon oubli

Un p'tit coin d'parapluie
Contre un coin d'paradis
Elle avait quelque chos' d'un ange
Un p'tit coin d'paradis
Contre un coin d'parapluie
Je n'perdais pas au chang', pardi

# Posté le vendredi 06 janvier 2006 17:31

Modifié le mardi 26 juin 2007 17:28

Mourir pour des idées, Georges Brassens

Voici une chanson qui est un peu mon hymne... Superbe !

Mourir pour des idées, l'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente

Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain
Or, s'il est une chose amère, désolante
En rendant l'âme à Dieu c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Les saint jean bouche d'or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J'en conclus qu'ils doivent se dire, en aparté
"Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"

Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles ?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
Et c'est la mort, la mort toujours recommencée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds!
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Mourir pour des idées, Georges Brassens
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# Posté le vendredi 06 janvier 2006 17:28

Je ne sais plus...

Je ne sais plus...
J'ai un moment d'hésitation, là... Un de ces durs moments où je me sens seule.

Si seule que j'en ai le coeur serré. Je pense qu'il est accroché par des fils à mes doigts et pour peu que j'écrive un mot de trop, ces liens me l'arrachent du corps.

Je ne sais pas ce qu'il m'arrive, je n'ai aucune raison d'être ainsi, soudainement, mais les larmes sont sur le point de couler. J'ai besoin de parler à quelqu'un, je le sens, mais je ne sais pas qui.

J'ai des personnes à qui parler, mais je ne veux pas les embèter de trop. Et puis je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas ce qui ne va pas, alors je ne sais pas quoi dire.

S'il était encore là, j'aurais su me confier à lui, lui parler pour finir par rire, ou pour me blottir dans ses bras, si cela ne va vraiment pas. S'il avait été là...

Tu me manques, Luthias. Bientôt un an que je n'ai pas senti ta main sur mon épaule, bientôt un an que le téléphone n'a pas sonné en affichant ton prénom. Si tu savais comme tu me manques, mon frère, dans ce genre de cas.

J'ai peur. Peur de la solitude, peur de ce jugement que j'ai l'impression de recevoir, toujours plus. Je crois qu'on me juge, je crois que mes amis les plus proches n'ont plus confiance en moi. C'est faux, je l'espère, mais je ne sais plus. Je perds pieds, là. Avec toi, au moins, je me sentais sûre de moi. Ce n'est pas qu'avec les autres, je ne sois pas sûre de moi.

Mais il manque ta proximité, cette certitude que si je te dis "je vais mal", le lendemain, je te trouve devant chez moi, avec Ceinwyn et ton sourire. Ou qu'alors, tu téléphoneras le plus rapidement possible, à moins que tu ne m'envoies un e-mail...

Vous savez ce qu'il me manque ? Que quelqu'un me prenne dans ses bras. Je n'arrive pas à le demander aux gens, j'ai peur de les déranger, mais c'est ça qui guérit le plus facilement mes blessures. Toi, tu le faisais naturellement. On finissait souvent allongés à regarder le ciel, là, sans un mot, l'un contre l'autre... L'écriture, c'est un moyen de mettre mes blessures à découvert. Parler, cela peut aider à refermer... Cependant, j'ai un sérieux besoin d'être prise dans les bras de quelqu'un.

N'importe qui qui tienne à moi.

Je n'arrive plus à faire cesser mes larmes, et mes doigts tirent sur ces fils sans s'arrêter. Toi, tu me manques, mais pour te voir je dois attendre de m'endormir. Je suis hantée par toi, et je ne m'en porte que mieux. C'est mon lot de consolation.

J'aurais aimé voir une amie, ce week-end, pouvoir me dire : "je vais voir ***, je pourrais lui parler un peu, ça va m'aider". Mais non, rien, juste ce stage de yoga. Seule avec des gens bien plus âgés que moi. Des gens que je ne connais pas sufisamment pour pouvoir leur parler. Je ne leur ai jamais adressé la parole...

Aline essaye de me faire rire, merci Aline. Mais un rire avec des larmes autour, cela fait un peu étrange. Merci d'essayer de me remonter le moral.

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part...

# Posté le vendredi 06 janvier 2006 14:19