Histoire de Réverbère

Histoire de Réverbère
Je marchais sur la route, descendais cette colline familière, pour trouver un réverbère. Je levai les yeux vers lui... J'étais venue pour le voir.
je posai mon sac à terre, puis le saluai :

-Bonsoir à toi, Réverbère.
Je le sentai sourire, dans son illumination machino-naturelle. Alors, simplement, amicalement, encore plus machine que lui, je lui rendis son sourire. Je lui adressai un signe de main, puis dis :
-Ca y est, je suis prête.
-Prête à quoi ?
-A lâcher des cendres.
Oui, à donner des cendres à peine froides à ce réverbère, en toute neutralité. Mais avant tout, j'ouvris mon sac pour le vider de tout un tas de mouchoirs...
Des mouchoirs qui se dispersaient comme de la fumée de cigarette, avec leur sourire de monstres enfantins. Au fond de moi, j'ai toujours haït les mouchoirs. Cependant, parfois, je ne peux rien faire d'autre que de les supporter... je suis même allée, quelques fois, jusqu'à les appeler.
Il faut bien être imbécile, avant d'être consciente de sa bêtise.

-Pourquoi déposes-tu ces mouchoirs ?
Je souris à cette question...
-Réverbère, je les dépose parce que je n'en ai plus besoin, parce que j'ai compris.
-Qu'as-tu compris ?
-Que celui qui crée n'a pas à imaginer avec des mouchoirs. C'est une réaction des plus puériles, que j'utilisais. Alors, pourquoi critiquer une chanson d'amour perdu, quand on utilise aussi ses mouchoirs ? Non, je ne dois pas faire ce que je reproche aux autres.
-Intéressant, mais... difficile.
-Je suis là pour aimer la difficulté, parce qu'elle est vie. Et les enfants de Saint-Exupéry sont bien obligés d'apprécier cette tâche hardue...
-Ils ne sont pas les seuls.
-Je n'ai jamais dit qu'il étaient les seuls, mais plutôt que c'était souvent plus difficile. Là, je ne parle pas de moi, mais d'autres. Pour un peu que Saint Exupéry leur ait enlevé un oeudème, c'est beaucoup plus hardu qu'une simple cicatrice.
Je souriais au réverbère. Il avait l'air de ramer dans un nuage.
-Je suis là pour prendre un autre Chemin, et pour dire que j'ai peur, quoiqu'on en dise.
-Peur ?
-Oui, du Chemin sur lequel je vais marcher.
-Explique-toi...
-Je change de Chemin -appelons-le Visage- mais je n'ai pas envie de changer de coeur.
Sous la lueur du réverbère, je le sentais me regarder fixement, avec un air dur :
-En quoi changerais-tu de coeur ?
-En devenant plus sûre de moi. Bien sûr que je ne peux pas vivre en évitant mes lunettes, mais si je prends de l'assurance, je peux aller jusqu'à me haïr.
-Et que préfères-tu ? Tes lunettes ou ton assurance ?
-Inéluctablement... mes lunettes.
-Et tu veux les remettre en question. Si tu es là, c'est que tu vas le faire...
-Oui, j'y vais.
-Bêtise ou courage ?
-Les deux. Toujours, inéluctablement, ce sera les deux. Que les autres puissent autant me trouver ange que démon. Selon le point de vue, d'ailleurs... Par exemple, sous mes yeux ou sous ceux de mon frère, je suis le pire des démons. Quoique je fasse, d'ailleurs...
-Tu te contredis.
-Je suis là pour ça.
Je mis les mains dans les poches de mon manteau, l'expression de mon visage se rapprochant soudainement des miroirs...
-Réverbère, qu'est-ce qu'une poche ?
-Là où on entrepose sa vie. Qu'est-ce que ta vie, à toi ?
-Une Carte Vitale, une carte bleue, une carte de self, et des tickets de bus pour rentrer chez moi.
-Peu et beaucoup.
-Toujours, inéluctablement.
-Comme tout le monde. Moi, j'ai de l'électricité, des médicaments, et des gens divers... comme Saint-Exupéry, par exemple. Ou toi, qui vas entrer.
-Mais suis-je prête ?
-Tu l'étais.
-La vie, cela change si facilement. C'est fait pour ça, d'ailleurs.
-Je ne te comprends qu'à moitié. Je ne suis pas en vie, je suis des vies.
-Je compitue.
-Tja.
Un moment d'absence, là, cachée sous mon écharpe... Le réverbère existe sans être... Cela doit être plus difficile que toute forme d'humanité. Mais pourtant, il estcertainement plus sage que tout ce qui existe.
Et puis, une question de ma part :

-Tu crois que Saint-Exupéry m'appellera ?
J'étais devant le réverbère, avec mon sac vide, des mouchoirs en cendre de cigarette volant autour de moi, des poches étranges accrochées à mon manteau. J'étais là, poussée par le sol et prête à changer de Chemin...
J'attendais Saint-Ex'...
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# Posté le mardi 13 décembre 2005 15:44

Poe-M, Dionysos

Poe-M, Dionysos
Dionysos est le groupe que je préfère. Ils sont musicalement parfaits, inventifs, et déments. Et au niveau des paroles, ils font partie des rares personnes capables de me donner envie d'écrire, de me captiver.
Poe-M, c'est bien la chanson que je préfère, parmi toutes celles que je connais. Pas simple de la comprendre, mais là, à mes yeux (et à mes oreilles), ce n'est plus une chanson : c'est un rêve.
Et oui, les rêves, ça s'écoute...


Poe-M

Des nuages en osiers, un chateau à cheval
Enlacé sous les plumes d'un mouton
La rose d'un fraisier planté dans une armoire
Rien ne peut l'expliquer
Rien qu'une seconde en papier
Une giclée de verre
Dans un bouton de rose ou bien d'acier

bis

Oubliette d'un chateau de sable
Meurtrière, fenêtre de l'oubli
Tout est toujours pareil
Et cependant rien a changé

Tu étais nu dans le soleil
Tu étais nu, tu te baignais
Les galets roulent avec la mer
Et toujours, toujours j'entendrai

La fille qui chante dans ma tête
Et me répète
Que je t'aime, que je t'aime
La fille qui chante dans ma tête
Et me répète
Que je t'aime, que je t'aime

Oubliette d'un chateau de sable
Meurtrière fenêtre de l'oubli
Tout est toujours pareil
Et cependant tout a changé

Tu nageais nu dans le soleil
Tu nageais nu, tu te baignais
Le regard tourné vers la mer
Et toujours toujours j'entendrai

La fée qui chante dans ma tête
Et me répète
Que je t'aime, que je t'aime
La fée qui chante dans ma tête
Et me répète
Que je t'aime, que je t'aime

Des nuages en osier
Un chateau à cheval
Enlacé sous les plumes d'un mouton
La rose d'un fraisier planté dans une armoire
Rien ne peut l'expliquer
Rien qu'une seconde en papier
Une giclée de verre
Dans un bouton de rose ou bien d'acier...

# Posté le mardi 13 décembre 2005 15:32

Modifié le mercredi 14 décembre 2005 05:43

La Bombe Humaine, Téléphone

Allez chercher pourquoi je commence par cette chanson, mais voilà, je la trouve magnifique, et je l'entends depuis toute petite.
J'aime beaucoup ce groupe, mais c'est bien ces paroles-là que je trouve les meilleures, dans toutes leurs créations.

La Bombe Humaine

Je veux vous parler
de l'arme de demain
Enfantée du monde
elle en sera la fin
Je veux vous parler de moi,
de vous
Je vois a l'intérieur
Des images, des couleurs
Qui ne sont pas a moi
qui parfois me font peur
Sensations qui peuvent
me rendre fou
Nos sens sont nos fils
nous pauvres marionnettes
Nos sens sont le chemin
qui mène droit a nos têtes

La bombe humaine
tu la tiens dans ta main
Tu as l'détonateur
Juste a côté du c½ur
La bombe humaine
c'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un
prendre en main ton destin
C'est la fin, la fin

Mon père ne dort plus
sans prendre ses calmants
Maman ne travaille plus
sans ses excitants
Quelqu'un leur vend
de quoi tenir le coup
Je suis un électron
bombarde de protons
Le rythme de la ville
C'est ça mon vrai patron
Je suis charge d'électricité
Si par malheur au c½ur
de l'accélérateur
J'rencontre une particule
qui m'mette de sale humeur
Oh, faudrait pas que
j'me laisse aller
Faudrait pas que
j'me laisse aller, non

La bombe humaine,
tu la tiens dans ta main
Tu as l'détonateur
juste a côté du c½ur
La bombe humaine,
c'est toi elle t'appartient
Si tu laisses quelqu'un
prendre en main ton destin
C'est la fin

Bombe humaine
c'est l'arme de demain
Bombe humaine
tu la tiens dans ta main
Bombe humaine
c'est toi elle t'appartient
Si tu laisse quelqu'un
prendre ce qui te tient
C'est la
fin


Aujourd'hui, le groupe n'est plus... C'est franchement dommage. Mais bon, rien ne nous empèche de regarder en arrière, et de voir un des classiques du rock français.
La Bombe Humaine, Téléphone
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# Posté le mardi 13 décembre 2005 14:49

Modifié le jeudi 15 décembre 2005 08:29