J'ai vécu de nombreuses histoires d'amour.
Non pas que je m'en vante, loin de là. Mais j'ai besoin d'en dire quelques mots.
D'abord, il y en a eu une en maternelle. Un petit rouquin, qui ressemblait trait pour trait au personnage de la Binocle des Razmoketts (c'est sorti à la télé après, je sais). J'avais l'impression de me sentir grande, avec lui. On avait le même âge, mais je crois qu'on s'estaimé sincèrement. Cela me ferait très plaisir de le revoir, aujourd'hui... Juste pour lui dire merci. Il est parti, déménagement.
Il y a eu ensuite un garçon qui est passé de meilleur ami à petit ami à meilleur ami (vous suivez ?), jusqu'à ce que je lui fasse la gueule parce qu'il était franchement méchant avec les plus jeunes que lui, pour ne plus le revoir. Il habitait près de mes grands-parents. Il paraît qu'aujourd'hui, il est devenu... tout ce que je déteste.
Ensuite, J***. Le garçon que j'ai aimé le plus longtemps. C'était craquant, quand j'y repense, nos virées à vélos où il allait trop vite et moi trop lentement. Nos inquiètudes mutuelles l'un pour l'autre, nos mercredis après-midi. Preuve en est que ça m'arrive d'être romantique. Figurez-vous qu'après des années de silence, il a repris contact avec moi. Il "m'aime toujours". Je ne sais pas si je l'aime encore. Je ne crois pas. Ce n'est pas si simple : se taire et revenir des années plus tard. Il a certainement changé et moi aussi... Je voudrais qu'on refasse connaissance avant de faire une connerie.
Après, il y a eu... Luthias. Ca n'a pas duré longtemps : deux semaines pour finir par s'avouer d'un commun accord qu'on ferait mieux d'être frère et soeur spirituels. Scèrement, je l'ai mille fois plus aimé en tant que frère qu'en tant que petit ami. Il m'a été très cher, et à jamais il reste ancré en mon coeur.
Ensuite, Syd. Je l'ai rencontré sur internet, sur le jeu de rôle des CDZ. Il est tombé amoureux de moi, ou plutôt des smileys que j'utilisais. Il était bien plus vieux que moi, en plus. C'est lui qui a eu la palme de l'amourette la plus courte avec moi : trois heures. Un garçon charmant, je ne le nie pas, mais... collant.
Et dernièrement, il y a eu quelqu'un d'autre. Je l'ai aimé. Il ne faut pas se mentir. Mais il a réussit à éteindre lui-même la flamme de mon amour en faisant la même faute que Syd : me donner le sentiment de n'avoir plus aucune liberté.
Et j'en ai passé. Il y a aussi le garçon du train que j'attends... Mais c'est une longue histoire courte, ce jeune homme. Une belle connerie de ma part aussi, niark !
Jusqu'ici, mis à part avec Luthias où c'était un peu space et les déménagements, c'est toujours moi qui commence à partir. Généralement pour la même raison : j'ai l'impression de perdre ma liberté.
Mais dans tous ces cas où je suis partie, j'ai eu ce même sentiment : on me le reproche. Ce n'est pas forcément eux qui me le reprochent -et là je les remercie de ne pas en faire une trop grosse histoire (mais pas de pitié pour Syd qui n'a pas comprs qu'il devait me lâcher)- , mais mon entourage.
Et c'est horrible, comme chose. Je les entends parler d'eux, me dire que je n'avais aucune raison de partir, ou le sous-entendre. Oui, ce sont des gens biens. Personne n'a un mauvais fond, de toutes manières, et je sais qu'ils ont une certaine richesse.
C'est cela qui me blesse le plus. Je me sens jugée, et ça me bousille le moral. A entendre partout que j'ai raté quelque chose, j'ai envie de gueuler que ma petite vie m'appartient, qu'à choisir entre l'opinion de mon entourage et ma liberté, je ne choisis pas longtemps.
Alors par pitié, que quelqu'un m'entende : quand je dis à un quelqu'un que je ne l'aime plus parce qu'il m'a brisé mon identité en me supprimant ma liberté... évitez de me parler uniquement de lui.
Ou alors, j'irai jeter des pierres ailleurs que dans l'eau.